Le château d’Antichan
(ou Dantichamps), propriété autrefois de la famille de Villepreux, témoigne de l’architecture des demeures suburbaines du XVIIIème siècle. Il s’agit d’un rectangle à deux niveaux.
La façade principale (côté sud) comprend un escalier à double volée dont la rampe en fer comprend des barreaux droits et ondulés. Celui-ci permet d’accéder à l’étage qui constituait la partie habitée. Une baie, située sous le perron, est ornée d’un mascaron. La porte d’entrée se situe au niveau d’un avant-corps de faible saillie surmonté d’un fronton.
A droite du corps principal de la demeure, est accolé un autre corps. Il s’agissait d’une propriété viticole modeste pouvant produire de 12 (deuxième moitié du XIXème siècle) à 30 tonneaux de vin rouge de côtes (début du XXème siècle).
Au début du XXème siècle
, il devient la propriété de Jules Cormier, maire de Bassens de 1922 à 1925. Sa fille Madeleine, dite Manon, va s’impliquer dans la résistance.
Le château d’Antichan, propriété privée, est désormais connu sous le nom de «maison Manon Cormier». Une plaque a d’ailleurs été apposée sur le mur de clôture. L’impasse, où se situe la demeure, et l’avenue la prolongeant portent également ce nom tout comme le collège intercommunal.
Biographie de Manon Cormier
Manon Cormier, née en 1896, a fait ses études à Bordeaux. Elle s’est inscrite à la Faculté de Droit en 1914 où elle obtient une Licence. Elle est la première femme licenciée de la Faculté inscrite au Barreau de Bordeaux. Elle est également la première femme à préparer le Doctorat dans sa ville natale (soutenance en 1932).
En 1932
, elles est attachée au Cabinet de Louis Marin, Ministre des Pensions. Elle est la première femme à obtenir le poste de Sous-directeur au Ministère du ravitaillement. Elle entre dans la résistance en 1940. Elle est arrêtée par la Gestapo en 1943. Elle est emprisonnée au Fort du Hâ, à Bordeaux, puis au camp Ravensbrück (1944) et à Mauthausen (mars 1945) en Allemagne.
En avril 1945, elle est rapatriée à Paris où elle décède le 25 mai. Elle a été citée à l’ordre de la Nation par le Général de Gaulle, à titre posthume, en janvier 1946.
Manon Cormier a beaucoup voyagé. Elle s’est beaucoup impliquée dans la défense des droits de la femme. Elle a créé à Bordeaux la Ligue française pour le droit de la femme. Elle s’est occupée de nombreuses œuvres telles que la Croix rouge française. Elle a donné de nombreuses conférences, publié des articles et a écrit un livre, Madame Juliette Adam, où l’aurore de la IIIème République
, couronné par l’Académie française.
Illustration : Une Bordelaise martyre de la Résistance : Manon Cormier
,
Imprimerie J. Péchade, Bordeaux.